Conseil des EPF, 27 septembre 2019

La Suisse compte parmi les pays les plus innovants du monde. Cependant, la numérisation et la mondialisation attisent la concurrence. La stratégie élaborée par le Conseil des EPF a pour objectif de permettre aux institutions du Domaine des EPF de rester à la pointe de l’enseignement et de la recherche et à la Suisse de renforcer sa capacité d’innovation. Lors de sa séance des 25 et 26 septembre 2019, le Conseil des EPF s’est également exprimé contre l’initiative dite de limitation de la libre circulation, qu’il estime néfaste pour la place scientifique suisse, et a salué la décision rendue par le Conseil national à ce sujet. Il a aussi procédé aux élections de renouvellement de la Commission de recours interne des EPF (CRIEPF).

La Suisse conserve cette année encore sa première place dans l’Indice mondial de l’innovation (GII) élaboré par l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Au cours des prochaines années, il lui faudra redoubler d’efforts pour rester en tête des classements. Les pays qui investissent dans la recherche et la formation sont en effet toujours plus nombreux. De plus, la mondialisation croissante des activités scientifiques et économiques ainsi que la numérisation attisent la concurrence. Le Domaine des EPF assume un rôle important au travers de ses deux écoles polytechniques fédérales de Zurich et Lausanne ainsi que de ses quatre établissements de recherche (PSI, WSL, Empa et Eawag), car il contribue à renforcer la capacité d’innovation de la Suisse. Pour rester dans le peloton de tête, il est indispensable de réévaluer à intervalles réguliers l’orientation stratégique de l’organisation du Domaine des EPF et de ses activités de recherche. Le Conseil des EPF envisage dès lors de regrouper certaines des compétences existant dans les institutions du Domaine des EPF, afin d’orienter la recherche vers des solutions susceptibles de répondre aux défis de société les plus urgents pour garantir un avenir durable.

Des solutions aux défis de société 

Dans son Plan stratégique 2021-2024, le Conseil des EPF accorde une attention particulière aux mesures à introduire dans la numérisation pour combler le manque de spécialistes, ainsi que dans la recherche et l’enseignement. Il entend notamment mettre plus particulièrement l’accent sur la cyber-sécurité, un domaine pour lequel une filière de master commune à l’ETH Zurich et à l’EPFL a été lancée en 2019. Pour la période 20212024, les deux EPF prévoient, d’une part, de créer des chaires supplé-mentaires dédiées à l’informatique et aux sciences computationnelles et, d’autre part, d’intensifier les activités dans les champs d’investigation liés à la santé personnalisée, la science des données, l’Advanced Manufacturing ainsi que l’énergie et l’environnement en collaboration avec les quatre établissements de recherche. L’objectif consistera, à l’intérieur de ces quatre grands axes stratégiques, à regrouper de façon ciblée les compétences thématiques présentes dans les six institutions du Domaine des EPF et à encourager de manière coordonnée les nouvelles initiatives des institutions.

Le Conseil des EPF s’oppose à l’initiative de limitation

Le Domaine des EPF mène une recherche de pointe, forme les experts qui font cruellement défaut sur le marché de l’emploi et travaille en étroite collaboration avec les PME, l’industrie et les services de l’admi-nistration. Pour continuer à fournir des prestations scientifiques d’une telle qualité à l’économie et à la société suisses, le Domaine des EPF doit pouvoir recruter des collaborateurs qualifiés venant de Suisse et de l’étranger. La libre circulation des personnes avec l’UE est donc pour lui absolument indispensable. Plus de la moitié des professeures et professeurs de l’ETH Zurich et de l’EPFL sont originaires de l’UE. Résilier l’accord sur la libre circulation des personnes mettrait en péril d’autres contrats issus des accords bilatéraux I, et notamment la participation de la Suisse aux programmes-cadres de recherche de l’UE. Pour la place scientifique suisse, devoir renoncer à ces collaborations et à ces échanges au plus haut niveau mondial affaiblirait sa capacité d’innovation et lui ferait perdre de son importance sur la scène internationale. Le Conseil des EPF salue par conséquent le fait que le Conseil national ait rejeté l’initiative.

Elections de renouvellement de la Commission de recours interne des EPF (CRIEPF)

Le Conseil des EPF a nommé ou reconduit dans leur fonction avec effet au 1er janvier 2020 la présidente ainsi que quatre membres de la Commission de recours interne des EPF dans le cadre des élections de renouvellement organisées tous les quatre ans. Mme Barbara Wenger Gmür, avocate, succédera au professeur Hans-Jörg Peter, qui a présidé la CRIEPF pendant huit ans. La vice-présidence à compter de 2020 est encore vacante. Le Conseil des EPF remercie le président sortant, la vice-présidente sortante ainsi que les deux membres sortants de la CRIEPF pour le grand engagement dont ils ont fait preuve ces dernières années.

La CRIEPF examine les recours déposés contre les décisions des deux EPF et des établissements de recherche concernant les rapports de travail de droit public, l’admission aux études, les résultats obtenus aux examens ou encore les promotions.